vendredi 26 avril 2019

Kayak-camping dans les Rock Island

Salut c'est Marie-Pascale!

Samedi matin, Ron, charismatique propriétaire de la compagnie RIKE, est venu nous chercher à l'hôtel vers 7:45. On s'est rendus à leur bureau où il nous a clairement expliqué nos deux prochains jours d'expédition solo dans les Rock Island. Notre itinéraire tenait compte de la marée, pour qu'on ne soit jamais contre elle, et cherchait à limiter notre exposition au vent. Comme c'était la pleine lune la veille, il nous a expliqué que c'était une des plus grosses marées de l'année, soit de -0.1 pied à marée basse jusqu'à +6.2 pieds à marée haute! Muni d'une carte plastifiée, GPS-François allait être en charge de nous mener à bon port!

Rassurez-vous les parents, l'expédition semblait sécuritaire et on avait été bien briefé. Comme il nous l'a résumé à la fin, la section la plus dangereuse allait être à notre retour quand on allait marcher sur le quai qui est glissant à marée basse... ;) Il a aussi expliqué qu'il n'y avait pas vraiment d'animal dangereux dans la région et que les trois choses dont on devait avoir peur venaient plutôt des éléments: 
 - Coup de soleil: je vous apprends déjà que ce fut un échec sur ce point 
 - Déshydratation: ça c'est bon, on avait assez d'eau avec nous 
 - Infection si on se coupe sur un corail: à date, c'est bon sur ce point aussi!

On a mis notre stock à l'abri de l'eau dans les kayaks, il nous a donné un cours de 2 minutes sur comment manier les pagaies et on est partis, tout contents de notre plan de voyage!

On s'est rapidement éloignés de la ville, tombant déjà sur des petites îles de pure verdure! Les "Rock Islands" forment un archipel d'îles d'origine volcanique: elles sont en fait composées de magma séché. Ces gros pitons rocheux à la texture hétérogène sont entièrement couverts de végétation tropicale luxuriante. Leurs contours sont abrupts, souvent avec des falaises, et avec à peu près aucun dénivelé doux vers la mer. L'effet de la marée a même creusé la roche à la base de toutes les îles, comme les "pots de fleurs" de Mingan, rendant presque impossible un accostage sur les îles. On était à marée descendante donc on voyait bien ces concavités, composées de roche trouée où se promenaient crabes et occasionnelles étoiles de mer rouges ou bleu royal! La végétation des îles est dense, avec des plantes parasites sur tous les arbres et des fougères dans les coins d'ombre. Les arbres dépassent de 1-2 mètres les côtés des îles et les lianes ou quelques mangroves pendent dans l'espoir que leurs racines touchent à l'eau à marée haute. Bref, le tout est magnifique!

Quant à elle, l'eau est translucide ("spoiler alert"!)! Non mais translucide dans le sens où tu peux voir plusieurs mètres sous la surface, presque aucune particule flottante ne venant bloquer la vue! Elle est bleue turquoise quand il y a du sable et bleu marin quand elle est profonde. Ça a l'air difficile à croire toute cette beauté mais si vous ne me croyez pas sur parole, allez voir des photos sur internet! En fait, que vous me croyiez ou non, allez donc voir des photos quand même, vous ne serez pas déçus (mais vous risquez d'être jaloux, je m'en excuse). 

Par-dessus le silence complet, on entendait le son des oiseaux! Il y avait au loin une sorte de grincement doux en deux tons, qui rappelle le chant des tourterelles tristes. Il y avait aussi certains croassements, dont ceux des dizaines d'oiseaux blancs ou noirs unis de la même espèce qui semblent se nicher dans les falaises et sortaient à notre passage comme pour protéger leur territoire. 

Tous ces éléments mis ensemble, ça donnait un tableau particulièrement calme, qui invitait à la contemplation!

Après s'être extasiés dans une baie en contournant plusieurs îles, on a fait notre première baignade dans un coin tranquille où on voyait bien les coraux. Les kayaks attachés à notre cheville par une corde, on pouvait nager sans se soucier d'eux. On a fait du snorkeling pendant un bout, heureux de la température de l'eau, qui, même pour la frileuse que je suis, est tellement chaude qu'elle ne crée pas de choc quand on rentre dedans!

Un peu plus loin, on a pu accoster dans une baie peu profonde et on en a profité pour dîner (avec de succulents raviolis en canne Chef Boyardee haha). Puis on est arrivés au Mandarin Lake, où, vers 14;00 ce jour-là, la marée descendante faisait que de l'eau filtrée arrive des collines jusque dans une anse à l'intérieur d'une île, améliorant ainsi la visibilité sous l'eau. Comme c'est fait en recoin, les poissons "restent pris" sur place et ils sont donc en quantité plus élevée qu'ailleurs. On y a croisé un couple d'Allemands et leur guide de la même compagnie que nous puis on a nous aussi plongé avec nos masques et tubas pour aller admirer la vie sous-marine! Et quelle vie! Il y avait des centaines de poissons, de plein de sortes différentes: certains lignés jaune ou blanc, d'autres au long nez effilé, certains roses et verts avec nageoires jaunes, certains avec la tête bleue, d'autres à moitié vert... Même les tout blanc ou noir étaient beaux! Et ils ne sont pas peureux en plus, on peut les voir de près. Le corail est lui aussi impressionnant est vraiment très varié: forme de roche normale, ou de cerveau, ou d'arbre, ou de beigne, ou de cônes, ou de champignons plats... Ils sont majoritairement gris-beige mais certains ont des tons bleus, verts, rouges ou oranges, parfois même assez vif. En flottant comme ça dans ce paysage, on se croirait presque sur une autre planète tellement c'est différent de ce qu'on trouve sur Terre, c'est hypnotisant!

Un de nos moments préférés de la journée a été une section à marée basse, ou on avait une vue directe sur les coraux à environ 1 pied sous les kayaks! Ça donne un autre point de vue qui est vraiment beau et on a pu voir d'autres types de poissons, dont des petits bleus électrique! C'était une belle section, sauf le bout où il y avait du vent et où j'avais même de la misère à ne pas reculer (j'ai fini par hurler un "ATTENDS-MOI" de détresse à François qui lui était loin devant, comme si ça allait aider mes frêles biceps...)(François: je n'ai rien entendu! Pendant ce temps-là, un banc de raies manta est passé rapidement en "volant" sous l'eau pas loin de mon kayak, c'était incroyable!)

On devait attendre 16;30 pour contourner une île et se rendre à notre site de camping  question d'avoir la marée de notre côté. On a donc flâné dans une grande baie en longeant les bords. À ma grande déception (je m'en remets encore difficilement), nous n'avons pas vu de lamantins... La veille, il y en avait eu dans cette même baie et il paraît qu'on peut nager avec ces grosses vaches de mer inoffensives: le rêve!

Nous étions maintenant prêts à affronter la "grande mer" vers notre site de camping. Une chance que la marée était de notre bord (je pense que je serais encore là-bas à ramer sur place sinon) parce que le vent et les vagues, pourtant petites car freinées par une barrière de corail au large, nous compliquaient la vie! Entre mes "un-deux, un-deux" faussement motivés qui cherchaient à me donner des forces, on a dépassé le site de camping où dormaient les Allemands ainsi qu'une famille de Palauans. Éventuellement, on a atteint notre site qui donne sur une plage de coquillage de 10 mètres de large, couvert d'arbres matures éparses. Après une baignade, les canots montés hauts et la tente prête, on a mangé notre souper assis sur le nez de nos kayaks en écoutant le bruit des vagues. L'activité de la soirée fut d'observer les centaines (pour vrai) de Bernard l'Hermite et leurs carapaces parfois saugrenues. On a analysé avec intérêt leurs batailles pour obtenir de nouveaux coquillage-carapace dans deux zones particulièrement prisées de la plage, surnommées par la suite "Bernard l'Hermite City 1" et "Bernard l'Hermite City 2"! Une soirée hautement intellectuelle mais ô combien appréciée par François dont le Bernard l'Hermite est un de ses animaux préférés... Vous avez le droit de le juger.

On s'est couchés tôt, parce que le Bernard l'Hermite reste tout de même un divertissement limité, et parce que j'ai peur du noir. Une chance car nos 10h de sommeil de qualité médiocre n'ont pas été assez pour qu'on soit reposés le lendemain matin... Et il fallait partir avant 7;30 pour passer avant la marée descendante. L'itinéraire commençait avec deux grottes, la première étant plus ou moins impressionnante mais la deuxième valait le détour! Haute de presque 10 mètres je dirais, elle était toute ronde de l'intérieur, avec des stalactites et une ouverture au plafond qui laissait entrer un peu de clarté. Ensuite, on a pagayé jusqu'à une baie qui était une bonne place de snorkeling paraît-il mais on manquait de motivation avec notre fatigue et l'absence de soleil à ce moment qui rendait l'eau plus sombre et moins accueillante. On s'est tout de même diverti à suivre notre première méduse (orange, environ 2 pieds de long) qui flottait à la surface et n'était pas du tout dérangée par notre présence. Entre ses fils arrières (désolée méduse, je ne sais pas comment décrire ton anatomie), se trouvait un poisson de 10 cm avec des lignes jaunes verticales qui nageait avec elle sans arrêt... Va falloir qu'on s'instruise sur les méduses!

Le trajet entre les îles s'est poursuivi mais on sentait qu'on était un peu moins énergiques que la veille, aussi parce qu'on était un peu découragés par nos coups de soleil... He oui, malgré la crème qu'on avait utilisé abondamment la veille, le soleil équatorial avait eu raison de notre peau nordique. Bon, pour François qui devient un homard à chaque séjour à la plage qu'on fait, ce n'était pas si étonnant. Quant à elles, mes épaules retrouvaient ce cher sentiment d'avoir brûlé, mais je ne pouvais pas me plaindre par rapport à la superficie affectée chez François, dont des endroits toujours aussi étonnants comme le devant des aisselles (?) et l'intérieur du nombril...!

Après avoir erré pour trouver un endroit où accoster pour dîner (une crique un peu glauque finalement), on est repartis poursuivre notre exploration des îles. Dans une baie calme et bien éclairée, on a fait du snorkeling en s'extasiant encore une fois de nos trouvailles sous-marines. Il y avait une quantité impressionnante de "giant clam", des coquilles en zigzag de chaque côté, dont l'intérieur est bleu électrique unis ou léopard...!  

On a répété l'expérience un peu plus loin, au Lettuce Coral Wall , qui est littéralement un mur de coraux qui plonge subitement dans un trou d'eau profond d'une baie! On a dû passer plus d'une heure à longer cette falaise de coraux, donc la profondeur nous a fait voir des poissons de plus grande taille (jusqu'à 30 cm)!

Après la lecture de cette entrée de blog, j'imagine que vous vous demandez si j'exagère? Hé bien non, Palau est une des top destinations mondiales pour la plongée et le snorkeling! De quoi rendre tout plongeur jaloux de notre destination paraît-il... D'ailleurs, la grande majorité des touristes semblent venir ici pour la plongée, et tout le monde s'étonne qu'on ait choisi Palau comme destination alors qu'on ne fait pas de plongée... 

On avait rendez-vous entre 15;00 et 17;30 pour ramener les kayaks à Koror. Connaissiez-vous la tendance quasi-maladive de François à vouloir explorer TOUS les chemins possibles dans une destination? En rando il veut tester les sentiers parallèles, en auto trouver des chemins alternatifs, en canot explorer toutes les criques et les baies... On allait donc rentrer dans une énième anse, mais l'eau était un peu limite. Malgré mon début de chialage par rapport au fait qu'on allait abîmer les coraux et qu'on n'était pas obligés de faire toooooutes les baies, on y est allés pareil. L'anse assez explorée au goût de monsieur, nous voilà incapables de ressortir par le bras de mer où on est entrés... On finit par se rendre compte, tels deux marins d'eau douce, que la marée baisse encore et que les coraux sont maintenant exposés, bloquant complètement notre sortie!! Après avoir pensé à nos options possibles, on a conclu qu'on allait attendre (comme deux gros poissons) que la marée remonte juste comme quand on était rentrés... Mais ça reste combien de temps immobile une marée à son plus bas?!?

La réponse ce jour-là: environ 1h. Puis 30 minutes pour remettre assez d'eau pour qu'on passe par-dessus les coraux. Avec tout ça, on a pagayé comme des bons pour les dernières 20 minutes qui nous séparaient du quai, arrivant un peu après 17:30... 

Les deux employés de l'agence nous ont reconduit à notre hôtel, où, tout poisseux de crème solaire et de sel marin, on a appris qu'ils avaient mal compris notre réservation faite la veille et n'avaient qu'une chambre Deluxe, soit trop chère à notre humble avis. Nos backpacks sur le dos et les gougounes aux pieds, on a marché vers le "centre-ville" pour aller dormir à l'Hotel Palau, où on avait déjà réservé des nuits subséquentes. C'est vraiment une belle place et bien tenue donc on était contents de notre choix au final! 

Après une douche salutaire, on s'est dirigés vers le resto Mög Mög (qui voudrait dire "manger santé" en palauan) où on a testé une variété de plats d'ici. Boulette frite de tapioca dans son ketchup aux fruits (?), salade d'épinards et thon cru et cuit nous ont plu, mais le reste (genre de gelée de coconut orange, taro cuit, crabe au coco, okras cuits, aubergines froides) étaient plutôt ordinaires selon nos goûts... On aura essayé!

Puis ce fut l'heure d'un sommeil réparateur après ces deux jours magnifiques!

mercredi 24 avril 2019

Koror

Alii (bonjour, en paluan)! C'est François qui continue.

En ouvrant les rideaux de notre chambre ce matin-là, on s'est rendus compte qu'on avait une belle vue sur la mer! Pas mal! En fait, on était si proche de l'eau que l'un de nos murs extérieurs tombait pratiquement dans l'océan! Par ailleurs, on avait beau s'être couchés à 3h du matin la veille, pas question de rater le déjeuner inclus. Comme il finissait à 9h, on n'avait pas beaucoup dormi quand on s'est installés sur la terrasse qui surplombait l'hôtel pour manger. Bon, on ne peut pas dire que les choix étaient extraordinaires, et clairement la clientèle visée était chinoise (bonjour, congee!) Par contre, la vue était magnifique: on voyait très bien le lagon bleu et les mangroves vert olive!

On était prêts à partir quand une pluie diluvienne s'est mise à tomber. Comme toute bonne averse tropicale, ça s'est vite arrêté mais on a eu de la pluie à intervalles réguliers toute la journée. Bizarrement, il faisait encore plus chaud et humide après la pluie, pour notre plus grand plaisir!

Quoiqu'il en soit, on a fini par partir à pied vers la ville. Objectif de la journée: réserver des tours pour les journées subséquentes et vérifier quelques détails logistiques... Bref, une belle journée d'organisation pour commencer!

Comment vous décrire Koror? En tout cas, si vous venez ici en espérant voir une ville remplie de resorts de luxe, ou au contraire une cité en bord de mer émaillée d'habitations traditionnelles bucoliques, oubliez ça. Koror, c'est en fait une seule route principale, en retrait du rivage (on ne voit pas la mer), où se succèdent de part et d'autre une succession d'édifices plus ou moins déglingués. Le mélange d'influences est assez frappant. L'anglais omniprésent, le mode de vie "tout à l'automobile" (tout le monde se déplace en voiture ici, et la route principale est étonnamment encombrée pour une ville de cette taille), la Bank of Hawaii, le dollar américain (la devise locale), le prix de l'essence affiché en gallons et les produits qu'on retrouverait dans n'importe quel Walmart, pas de doute, les Américains ont laissé une forte impression sur l'archipel. En même temps, la plupart des enseignes sont bilingues: le chinois et le japonais sont partout, et les restos asiatiques sont légion. Si Koror faisait un bac à l'université, ce serait une majeure en études américaines avec une mineure en études est-asiatiques! Bref, c'est un endroit sans prétention ni charme particulier, où on retrouve un mélange d'atmosphère de petit village et d'indolence tropicale.

Et puis il y a les Paluans (ou les Palauens, va savoir quel est le bon gentillé en français). Difficile de trouver un peuple aussi chill et attachant. Dès nos premiers pas dans la ville, on est salués de toute part par tout le monde, piétons comme automobilistes. Tout le monde nous dit bonjour! Et la vie est jammée sur le mode "take it easy" ici, vraisemblablement depuis toujours. Pas sûr qu'ils savent vraiment ce qu'est le stress! En tout cas, des gens véritablement sympathiques!

En marchant dans la ville, on a rapidement remarqué la présence de nombreux Chinois en uniforme qui écumaient les magasins. En regardant de plus près le drapeau qu'ils avaient sur l'épaule, on a remarqué que c'était des Taïwanais. Fun fact: Palau est l'un des quelques États au monde à ne reconnaître que Taiwan à titre de gouvernement légitime de la Chine. Ça fait en sorte qu'il y a ici une ambassade de Taiwan et pas de Chine populaire. Évidemment, Taiwan entretient des relations étroites avec son allié Palau, d'autant plus que Beijing et Taipei se livrent à une véritable lutte d'influence pour faire virer le gouvernement de Palau de leur côté... Selon l'un de nos guides rencontré le lendemain, c'est probablement cet enjeu diplomatique qui définira l'avenir de Palau: augmentation du tourisme et investissements en développement pèsent dans la balance... Comme quoi la Chine me rattrape, même en vacances!

Après s'être trompés de centre d'information touristique et avoir retiré de l'argent (à la Bank of Guam, wow), on a erré dans le campus du joli Palau Community College. On trouve deux 'bai' dans les cours pleines d'arbres de l'école. Ce sont en fait des huttes en bois traditionnels, où les chefs se rassemblaient autrefois pour décider des affaires courantes. Ce sont de belles structures colorées décorées de jolis motifs, avec un toit en paille. Pensez cabane polynésienne, et c'est probablement à peu près ça qui vous viendra en tête!

À l'info touristique (la vraie cette fois), la préposée a été d'une grande aide en nous trouvant le bon horaire des ferries (merci, car c'est à peu près introuvable en ligne) et surtout en nous faisant des suggestions pour organiser notre voyage. En effet, contrairement à d'habitude, nous n'avions aucun guide pour nous aider à planifier: il n'en existe aucun de Palau! C'est vous dire haha! J'avais donc dû y aller un peu à l'aveuglette donc c'était une bonne chose d'avoir quelqu'un pour nous indiquer les meilleures avenues possibles! Avec tout ça, on avait faim et on s'est régalés de bibimbap et de nouilles sautées dans le resto coréen-japonais d'en face.

De là, on a continué sous la pluie notre route vers l'île de Malakal, reliée par un pont à Koror. C'est là que le voile un peu quelconque du tissu urbain de Koror se déchire pour révéler les eaux turquoises et les pitons rocheux émeraude qui composent l'archipel de Palau. C'est tout simplement magnifique, et on avait encore rien vu! Déjà là, on s'extasiait à la vue des petits poissons multicolores qui batifolaient dans l'eau transparente. On les voyait du trottoir de la route!!! On se serait cru à la section tropicale de l'aquarium de Shanghai, visité lors du précédent passage de Marie-Pascale en Chine!

Cela dit, on a bientôt traversé une zone plus industrielle avant d'arriver à l'agence Sam's Tour. Notre objectif était de magasiner les agences pour se booker différents tours: avec Sam's Tours, on a décider de s'initier à la plongée pour débutants pendant une demie-journée! Si on aime ça, on prendra un deuxième tour, cette fois d'une journée en mer. Souhaitez-nous bonne chance!

Un peu plus loin se trouvait RIKE (Rock Islands Kayak Expedition), une agence spécialisée - vous l'aurez deviné - dans les tours en kayak de mer. On a opté pour une expédition en solo de deux jours le long de la côte, avec nuitée en camping sur une plage déserte, un must qu'on voulait vraiment faire! Bien contents, on a tout de même décidé de poursuivre notre magasinage d'agences, mais ce fût bien moins fructueux. Deux de nos rencontres avec des agences japonaises n'ont pas abouti, notamment parce qu'on ne comprenait vraiment pas très bien ce qu'on nous racontait haha! Visiblement, nous n'étions pas la clientèle cible! Au moins l'une d'entre elles nous a offert un thé froid, bienvenu par cette chaleur!

Au retour vers Koror depuis Malakal, on a fait un arrêt au parc de Long Island, un chilling spot en bord de mer où les enfants se baignent dans le lagon, les femmes bavardent et les hommes relaxent en écoutant de la musique dans leur auto, les portes ouvertes. On vous a dit que c'était pas stressant, la vie ici?

Notre dernière tentative de trouver une autre agence fût aussi un échec, mais nous a fait découvrir la décharge nationale. Comme quoi tout n'est pas parfait au paradis! D'ailleurs, c'est sympathique de passer devant les petits symboles nationaux de cette ville qui a la taille d'un gros village du Québec et qui est néanmoins la métropole d'un pays (eh non, ce n'est pas la capitale!). Ici, la Cour suprême, logée dans un petit bâtiment gros comme un duplex montréalais. Là, le ministère de l'éducation, un édifice moins gros qu'une école primaire. Le garage là-bas? C'est le ministère des travaux publics! 

Après cette longue journée de 'tramites' et de marche (ça a l'air de rien, mais c'est étendu Koror!), nous étions de retour à l'hôtel, juste à temps pour le coucher de soleil sur la mer! On a été souper en face, au Red Rooster Café, où on avait une terrasse avec vue sur la mer et la pleine lune qui se levait. On a vu pire endroit pour manger un spaghetti aux fruits de mer et un poulet terryaki! La soirée s'est achevée alors que je tentais de manière infructueuse de retirer encore de l'argent (les ATM ne permettent pas de sortir de gros montants ici...), ce qui m'a permis de découvrir Koror-by-night, un vendredi soir. En fait, il y a plus de monde que le jour (parce qu'il fait moins chaud tsé), et il y a deux édifices avec des néons. Et c'est pas mal ça!

À bientôt!

Escale en Corée

Salut! C'est François qui débute en force cette première entrée d'un nouveau blog de voyage!

Levés tôt à Shanghai, la journée était magnifique et l'air pas trop pollué. Quoi de mieux que de déjeuner tranquillement dans ma cour privée, sous les nouvelles feuilles du printemps? Bon, on s'est un peu laissés emporter par contre, et on est partis un peu en retard... D'autant plus qu'on devait se rendre à l'aéroport de Pudong, c'est-à-dire à l'autre bout du monde!... En plus, c'était sans compter le trafic de l'heure de pointe, une fois dans le bus vers l'aéroport! Mais bon, grâce à d'habiles manoeuvres du chauffeur, on était quand même à Pudong une heure et demie avant notre vol. Le délai avait tout de même permis à Marie-Pascale de faire l'évaluation d'un de ses externes par Skype, dans le bus. Voyez comme les médecins de Blanc-Sablon sont dévoués!

Le dépaysement commençait dès l'aéroport car on décollait du Terminal 1, et non du 2 comme d'habitude! J'étais beaucoup trop excité pour l'attrait réel de la chose, d'autant plus que le Terminal 1 possédait un Subway (le rêve!) où on a été acheter des biscuits (ils sont moins moelleux qu'à la maison, au cas où ça vous intéresse)!

"kjhjkhjkahjkadshion?" nous a demandé le préposé qui guide les gens vers le comptoir d'enregistrement. Euh... quoi? "Incheon, Korea?" a-t-il répété de manière plus intelligible. Euh oui oui! Sérieusement, on n'avait rien compris au premier coup haha! Billets en main, on a attendus le petit bus dans la salle d'attente reliée par un tout petit passage. Évidemment, avec un tel goulot d'étranglement, c'était la cohue, surtout qu'on embarquait tous dans un énorme Airbus à 2 étages de Korean Airways. Heureusement, tous les sièges (bruns, de bon goût) n'étaient pas occupés!

Deux heures plus tard, on atterrissait violemment (le pilote a un peu raté son coup, tu aurais adoré Marianne!) à l'aéroport Incheon de Séoul, par un temps froid et grisâtre. On avait 5h d'escale et on n'avait jamais mis les pieds en Corée du Sud, alors on comptait bien en profiter! Le douanier un peu blasé a regardé nos passeports en chantonnant ("Oh Diplomatic... Mmhmmhmmhhmm...") mais ne les a pas étampés, à notre grande déception. À la place, on avait juste un bout de papier "lousse". Ben là... On aime ça, nous, avoir des étampes dans le passeport!!

Une recherche rapide ("quoi faire lors d'une courte escale à Séoul") m'avait appris qu'en 5h, on nous suggérait d'aller visiter la ville-banlieue d'Incheon plutôt que de se rendre au centre-ville. Parfait, ça avait l'air facile! Donc pour se rendre à Incheon... Euh... On avait devant nous un énorme spaghetti en guise de métro. Pour se rendre à la station Incheon, on devait changer 2 fois de ligne et faire un total de genre 20 stations. Sérieux? Nous qui pensions que ce serait tout près de l'aéroport, on a alors réalisé que notre balade en métro allait être  bien trop longue!

Mais bon, comme on n'est pas du genre à se décourager (et aussi parce qu'on n'avait pas vraiment de plan B haha), on s'est dit qu'on aurait le temps de le faire pareil!

Première impression: à Séoul, prendre le métro c'est caaaaalmmmeee. Tout le monde est silencieux, et il n'y a pas de voix automatisée qui n'en finissent plus de jaser comme c'est le cas en Chine. Ça ressemble drôlement au Japon en fait! Une partie du trajet était aérien, mais les paysages étaient assez industriels et obstrués par un brouillard gris. Ah, et tout est évidemment écrit en coréen, dont les caractères ronds et simples diffèrent des traits carrés et complexes du chinois.

Enfin, après 1h15, on débarquait à Incheon. Question de faire changement de la Chine, on allait visiter... le Chinatown local! Eh oui! Cela dit, c'était un quartier chinois à saveur très coréenne, et joliment entretenu dans un secteur en pente. On y entre via une grande arche et on parcourt les rues bordées de lampadaires stylisés et de boutiques. Le clou de la visite se trouvait tout au sommet du quartier, dans un parc romantique remplis de grands cerisiers en fleurs! Même s'il devait faire 5 degrés, c'est bel et bien le printemps! 

Incheon est le port de Séoul, et est célèbre dans l'histoire récente pour être l'endroit où les troupes de l'ONU débarquèrent en 1950, lors de la guerre de Corée. Ce fait d'armes et la bataille qui suivit est commémorée dans le parc par une grande statue du général américain Douglas MacArthur, qui dirigeait le corps expéditionnaire. Mais pendant que je m'instruisais sur cette page d'histoire, Mémé était bien occupée à essayer les exerciseurs publics. Elle a d'ailleurs réalisé à cette occasion qu'il lui était impossible de soulever son propre poids avec la force de ses bras, ce qui allait avoir des conséquences fâcheuses lors de notre périple à Palau haha!

En redescendant de la colline, il ne nous restait plus beaucoup de temps avant de revenir à l'aéroport mais je tenais absolument à faire une dernière chose avant de partir: manger un bol de nouilles aux fèves noires et au sésame, apparemment une spécialité locale selon ce que j'avais pu lire. J'ai convaincu une Mémé un peu stressée par le temps de prendre place dans un petit boui-boui. Quand les nouilles sont arrivées par contre, elle n'a pas regretté d'avoir retardé un peu notre départ, tellement c'était bon! Vraiment, c'était délicieux! Expérience coréenne express: check!

Une heure et quart plus tard, on était de retour à l'aéroport  hyper propre et moderne de Séoul, où on a pu passer les douanes et la sécurité super rapidement. On était même un peu d'avance avant notre vol vers Palau (comme quoi il ne fallait pas s'en faire), même qu'il a été retardé un peu, ce qui nous a permis de prendre une bouchée avant d'embarquer. Cette fois, notre avion (toujours avec Korean Airways) était pas mal plus petit! Notre vol vers Koror, la "métropole" des îles Palau, ne durait que 5h mais arrivait à l'heure barbare de 2h du matin! On a dormi à moitié avant de se réveiller un peu avant l'atterrissage.

Voilà que nous étions à Palau, en plein milieu de l'Océan Pacifique! Bon, comme c'était la nuit noire, notre premier contact avec la Micronésie et l'Océanie était assez obscur! Par contre, on a senti tout de suite qu'il faisait chaud et humide!!

Après un passage sans encombres aux douanes, on a retrouvé le chauffeur qui venait nous chercher (c'était pas mal plus facile qu'au Sri Lanka!). Il faut savoir qu'il n'y a pas de transport en commun à Palau (!!), d'où le fait que ça nous facilitait les choses d'avoir quelqu'un qui nous attendait, surtout la nuit! Après un joli trajet de route tropicale de nuit, on est arrivés en "ville", et plus précisément à l'hôtel Ocean Star. Les proprios chinois nous avaient donné une chambre humide un peu biscornue et grande comme un garage, mais au lit bien confortable. L'exploration de ce nouveau pays étonnant allait attendre au lendemain: pour l'instant, il était plus de 3h du matin et on allait dormir!